Dimanche 2 août 2009.La veille au soir, il y plu un violent orage.
Le matin, le ciel était encore couvert à Camprieu, idem à la Serreyrède et à l'Espérou. Mais en descendant peu à peu dans la vallée, le soleil pointe son nez timidement derrière la brume. La route est mouillée, des gravats ont déboulé des montagnes, mais il ne pleuvra pas, mais un vent fort souffle déjà.
Il y a quatre ans (c'était en 2005), j'avais participé ma première course sur route, c'était l'ascension de l'Aigoual en contre la montre. Bien que je n'aime pas la pratique du vélo sur la route, cette course m'avait bien plu. Alors cette année, comme l'occasion se présentait de la refaire, je n'ai pas hésité. Ne pas partir en peloton, le concept me plait.
Le départ est donné à Valleraugue. Toutes les 30 secondes, un concurrent part. L'arrivée se fait 28 km plus loin, 1200 m plus haut, au sommet du Mont-Aigoual.
Pour ne pas me mettre de pression, j'ai volontairement oublié de regarder le temps que j'avais mis en 2005, mais dans l'objectif quand même de faire mieux, et tout cela à la sensation.
Je m'échauffe très peu : à peine une dizaine de minutes. Je pars à 10h10'30, en 21ème position.
La première ligne droite est longue. Le vent est de face. Mon c½ur ne dépasse pas les 160 bpm. C'est un bon départ. Au bout de cinq minutes, un junior revient derrière moi. Je prends sa roue pour profiter de l'abri, et immédiatement, mon c½ur se stabilise entre 165 et 170 bpm.
Arrive la première épingle à cheveux. Je laisse partir le jeune et rattrape des masters. Le vent est de dos, je récupère. Mon cardiaque tourne autour de mon seuil, entre 160 et 165 bpm. Je suis plutôt bien. Les jambes ne me font pas mal. Je m'efforce de boire une gorgée toutes les 5 minutes et de prendre un gel toutes les demi-heures.
Un master de Salindres me double. Je prends sa roue. Je reste un moment avec lui, et peu à peu, il s'en va devant. Je préfère le laisser partir car j'ai peur de me cramer à rouler sur son rythme. Mais à ma grande surprise, je reviens ensuite sur lui. Alors il se retourne pour me demander si je souhaite qu'il m'amène au sommet. Je refuse. Ce n'est pas mon but de rouler dans la roue de quelqu'un tout au long de l'ascension. Alors il repart à nouveau.
La route monte régulièrement, alterne les virages à droite et à gauche, le vent de face et de dos. Je choisis les trajectoires sans savoir si ça sert à quelque chose de couper les virages... Au dessus de ma tête, impossible de voir le sommet, l'Aigoual est dans le brouillard. Mais les sensations sont toujours aussi bonnes.
Dans une des dernières épingles, deux Nîmois et un master 3 me doublent. Je m'insère dans leur groupe. Alors que l'un d'eux lâche prise, les deux autres partent devant sans que je puisse les suivre. A l'entrée de l'Espérou, je suis seule. Le brouillard s'épaissit.
Au rond-point de l'Espérou, j'ai certainement le vent de dos, je mets la plaque (50 dents). Je monte jusqu'à la sortie du village sans l'enlever. Et je remets le plateau intermédiaire jusqu'au col de la Serreyrède. Là, ma mère et Thierry m'attendent pour m'encourager. La pente se radoucit, je remets la plaque. Ma mère me suit en voiture, elle s'arrête parfois pour m'encourager et prendre des photos. Ca me motive, alors je m'efforce de continuer jusqu'au bout sur la même voie. Je retrouve le master de Salindres. Je le double, et il prend ma roue à son tour. Nous allons vite. Et ça, jusqu'au dernier virage.
On a maintenant le vent de face. Il passe devant moi pour m'abriter. Le sommet se rapproche. Le brouillard est opaque, le vent est glacial. On l'a maintenant de côté. C'est difficile de tenir sur le vélo.
Et enfin, la ligne d'arrivée... après 1h24 d'effort.
Distance : 28 km
Dénivelé + : 1200 m
Temps : 1h24'19
Vitesse moyenne : 19,6 km/h
A l'arrivée, il fait froid, ma mère m'apporte des vêtements chauds. On rentre le vélo dans la voiture, et elle m'amène jusqu'au col de la Serreyrède. Puis je reprends mon vélo et descends jusqu'à Valleraugue, où il fait bien meilleur, voire chaud.
Je suis très contente de mon temps. Je mets 14 minutes de moins qu'en 2005. (Finalement, j'ai regardé). Je termine 2ème dame. La première est Karine Saysset (1h17'46).
Après la course, le repas est servi sous les pommiers à Valleraugue, et on attend la remise des prix.
Télécharger les résultats (.pdf)Sur la photo : dans le brouillard épais.
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