Dimanche 13 septembre 2009.J'ai participé l'année dernière à la course VTT marathon du Caylar, et j'avais beaucoup aimé le parcours. A cette occasion, j'avais remporté le titre de championne régionale FFC XC marathon.
C'est donc pour remettre mon titre en jeu que j'ai décidé de refaire la course cette année. Mais cette fois-ci, la compétition est également support d'une manche de coupe de France XC marathon. C'est une bonne aubaine.
Le parcours fait 70 km. Mon temps de l'année dernière : 4h35.
Comme l'année dernière, je décide de partir à l'arrière du peloton et sur un rythme tranquille. De toute façon, je n'ai pas le choix : je ne me suis pas échauffée. Thierry et Lionel sont là pour m'accompagnée.
Les premiers kilomètres se font donc tranquilles, bien que le peloton ait un rythme plus élevé, et que ça me donne parfois envi de le suivre. Je me fais souvent doubler. Thierry me canalise, Lionel, lui a envi de partir. Et il s'en va dans une montée. Je le rattrape dans la descente qui suit, et il repart dans une autre montée. Au détour d'une descente technique, Thierry a disparu derrière. Je l'attends quelques instants, mais comme il n'arrive pas, je continue. J'entame la longue descente qui plonge au fond du Cirque de Navacelles. Le terrain est sec, technique avec pas mal de rocher. Lionel n'est pas très à l'aise. Je repasse devant lui.
J'arrive en bas, et nous passons dans le lit d'une rivière asséchée : gros galets à gogo ! Je me dis que Lionel va rapidement revenir sur moi. Mais il ne revient pas. Je me sens plutôt bien, et j'apprécie vraiment le tout-suspendu sur ce terrain cassant.
Au ravitaillement, dans Navacelles, je ne m'arrête pas. Mon Camel-Back a encore des réserves pour tenir jusqu'au prochain ravitaillement. Je mange juste une bouchée de barre énergétique. Et toutes les heures, je prends un tube.
Dans les sinueux techniques, je tente tant bien que mal de doubler les concurrents qui marchent à côté de leur vélo. Je ne m'énerve pas et demande le passage dès que possible.
Le cirque de Navacelles est vraiment magnifique. Nous longeons la rivière de la Vis sur un long monotrace (GR7) parfois roulant, parfois technique avec beaucoup de rocher. Le vide est souvent présent sur notre gauche. Parfois même, il y a des passages où nous sommes obligés de pousser le vélo. Des commissaires sont là pour nous le rappeler.
Sur le bord du chemin, je croise Caroline Besseyrias qui est en train de réparer une crevaison. Je me dis que c'est bon signe pour moi, car je me souviens de la seule coupe de France marathon que j'ai faite en 2007 à Val-Thorens, où elle gagnait avec 20 minutes d'avance sur moi qui avait terminé 5ème.
Après une descente courte mais bien technique, nous prenons un chemin roulant qui nous mène au pied du portage. Je sais qu'il dure 30 minutes, alors j'enclenche mon chrono et je prends mon mal en patience. A ce moment-là, j'entends une voix derrière moi. Lionel me rejoint et m'explique qu'il s'est trompé à une bifurcation. C'est donc pour ça que je ne le voyais pas revenir sur moi, tout s'explique ! Nous faisons le portage ensemble. Derrière nous, il y a d'autres concurrents. Comme j'ai peur de les ralentir (je suis vraiment nulle dans les portages), je presse un peu le pas. Et au bout d'un quart d'heure, je me rends compte que j'ai entamé cette difficulté un peu trop rapidement. Je m'éteins peu à peu. Nous en laissons passé un, puis deux, trois, quatre, etc. Je n'en peux plus, Lionel passe à son tour devant moi. La chaleur m'étouffe, il n'y a pas un brin de vent. Je ne me souvenais pas que ce fût si dur. Je bois beaucoup et vide pratiquement mon Camel-Back. Je n'arrive même plus à apprécier la légèreté de mon tout-suspendu à 10,5 kg quand il faut le hisser sur les épaules pour grimper dans les rochers. Je m'arrête souvent pour reprendre mon souffle, et j'en profite pour jeter un coup d'½il sur le paysage qui en vaut vraiment la peine. En posant mon vélo, j'entends plusieurs fois un bruit bizarre, un jeu. Mais je ne trouve rien.
Quand j'arrive enfin sur le plateau, je suis collée. J'ai les jambes lourdes et je n'avance plus.
J'arrive à St-Maurice-de-Navacelles. Je m'arrête au ravitaillement pour boire un verre et remplir mon Camel-Back à la fontaine. Je prends une nouvelle bouchée de ma barre énergétique.
Le parcours est maintenant roulant. Je voudrais prendre une roue pour me cacher, mais il n'y a personne autour de moi. Parfois un concurrent me double, mais va trop vite pour que je puisse le suivre. Je n'arrive pas à récupérer, et je suis inquiète pour la suite de la course, car je ne suis qu'à la moitié du parcours. Caroline revient sur moi. Je ne peux pas la suivre non-plus. Je resterai dans cette état jusqu'au ravitaillement suivant, à la Vacquerie où je m'arrête quelques minutes.
La suite est encore roulante, mais je me sens mieux. Je suis soulagée. J'encaisse les coups de cul avec plus de facilité. Un concurrent me double et j'arrive à prendre sa roue. Je récupère quelques instants. Mais rapidement, il me demande de repasser devant, et il ne me suit pas.
J'entame les derniers kilomètres. J'arrive à St-Michel.
Au détour d'une bifurcation, soudain, je ne sens plus de pression sous mon pied gauche. Je crois avoir perdu ma pédale. Je m'arrête, et je me rends compte que ce n'est pas la pédale que j'ai perdu, mais la manivelle, qui se trouve maintenant attaché sous ma chaussure. Je tente de déchausser tant bien que mal. Je remets la manivelle dans les crans, mais il manque une vis sur le pédalier. Heureusement, j'ai pris avec moi le multi-tool ! Alors je sers de toutes mes forces la petite vis latérale en espérant que ça tienne jusqu'à l'arrivée. J'ai beau eu vérifier le serrage de toutes les vis de mon vélo neuf avant le départ, j'en ai oublié une, et c'est celle-là !
Dans les derniers kilomètres, je surveille de près mon pédalier, qui finalement, ne bougera pas d'un poil jusqu'à l'arrivée.
On m'annonce troisième, derrière Caroline Besseyrias et Laura Joubert.
Distance : 69 km
Dénivelé + : 1350 m
Temps : 4h43'26
Vitesse moyenne : 15,2 km/h
Je termine 3ème sur cette manche de la coupe de France XC marathon, 14ème au scratch, et 1ère sur le championnat régional XC marathon en Languedoc-Roussillon.
Lionel termine 8ème au scratch.
Thierry termine 25ème au scratch.
Télécharger les résultats (.pdf)Sur la photo : le podium dames de la manche de coupe de France XC marathon
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