Samedi 10 octobre 2009.Lorsque nous arrivons sur la base, il est 8h00, c'est le départ des tandems. Je pars m'échauffer sur la piste d'atterrissage de la base. Je fais monter mon c½ur petit à petit, et quelques accélérations à la fin. Il est l'heure de la mise en grille des dames, mais je sens que je ne suis pas assez échauffée, alors je continus encore quelques minutes.
Lorsque j'arrive enfin sur l'aire de départ. Un signaleur me place, je suis environ sur la sixième ligne. Je ne trouve pas ça normal vu mon dossard prioritaire : le numéro 10503. Alors je vais voir un commissaire qui me place plus justement sur la deuxième ligne. Autour de moi, il y a beaucoup de filles que je ne connais pas, surtout des étrangères, certainement des filles qui courent en coupes du Monde. Je suis impressionnée.
Le départ est donné. Je m'élance au milieu du peloton. Je me sens oppressée, alors j'essais de me placer en bordure. Dans le premier virage à droite, je suis alors placée extérieur. Je remonte pas mal de places. Mais 50 mètres plus loin, il y a un virage à gauche. J'essais de me repositionner dans le peloton, mais celui-ci me ferme la porte, et je me retrouve coincée à l'intérieur du virage. Je pers alors beaucoup de place, et il me faut faire un effort intense pour relancer. Quand je retrouve enfin une roue, j'entends du bruit sur ma droite, et soudain, tout le peloton s'écarte vers la gauche. Un tas de gravier jonche la piste de départ. Quelques concurrentes ont perdu le contrôle de leur monture et ont chuté. On joue quelques instants des coudes, puis tout redevient normal.
On sort de la base. Quelques virages serrés et couloirs étroits étirent le peloton. Après le pont, il y a deux groupes : une vingtaine de filles roulent devant, et nous les pourchassons. Tout le monde est roue dans roue. Je commence à faiblir, mon échauffement a été trop court. Mais je me souviens de mon objectif : partir avec les premières pour ne pas être bouchonnée dans les descentes techniques. Alors je ne lâche rien, quitte à laisser partir plus loin, quand les écarts se seront fait.
Mais je n'ai pas besoin de ça : dans la première montée, le rythme général ralentie considérablement. J'en profite pour récupérer. Bizarre de dire que je récupère dans une montée, mais les parties plates et roulantes ne sont vraiment pas mon fort, par rapport aux autres filles !
D'ailleurs, nous arrivons en haut, et c'est à nouveau plat. Une fille derrière moi, met la plaque. Je fais de même. Mais alors qu'elle me double comme un boulet de canon, je ne peux pas la suivre. Je sais qu'il y a, juste après, une descente technique où je peux tirer mon épingle du jeu, alors, il ne faut pas qu'elle s'y engage avant moi. Mais malgré tous mes efforts pour repasser devant elle, je n'y parviens pas. Je m'engage derrière elle. Comme je m'en doutais, dès le premier caillou rencontré, elle saute sur les freins. Je lui signale ma présence derrière elle pour qu'elle me laisse passer, mais elle ne s'écarte pas et freine dans chaque virage. Je suis frustrée. Arrive un passage en dévers (que je n'ai pas pu passer hier). Bon, d'accord, c'est peut-être moi qui l'ai poussé à l'erreur, je lui ai peut-être mis un peu trop la pression, mais au moins, elle est s'est arrêtée. Je passe devant elle, et passe même sans difficulté le dévers. Puis je lâche totalement les freins pour rattraper le temps perdu. Et c'est à mon tour de descendre comme un boulet de canon. Génial cette descente !
Ca remonte beaucoup maintenant. Pas loin devant moi, il y a une autre concurrente. Je la garde en point de mir pendant toute la montée. Arrivée en haut, le terrain descend un peu, la terre est lisse, très très roulante. Mais il y a quelques virages serrés. Je reviens rapidement sur l'autre fille. On pénètre dans un monotrace très sinueux. Je me fais encore bouchonner. Heureusement, ça ne dure pas longtemps. Dans une montée pleine de caillou, elle choisie de monter à pieds, je la suis sur mon vélo, puis passe devant elle. Ca monte encore longtemps. Au sommet, je sais que ça bascule, et qu'on arrive dans la grosse descente dans laquelle j'ai suivi Cécile Ravanel la veille. La concurrente derrière moi, revient dans ma roue. Il ne faut pas qu'elle passe devant moi. Au sommet, je crois être à bout de force, mais l'ambition me donne un dernier élan de forces pour passer le sommet, embrayer sur la plaque et me détacher de ma poursuivante. Et c'est parti pour une descente faramineuse sans obstacle devant moi. Je saute d'un caillou à un autre, je connais la trace parfaitement, je l'ai bien mémorisée la veille. Le public acclame mon passage.
Et lorsque j'arrive en bas, je me retrouve seule. Personne n'est devant moi, personne n'ai derrière moi. Je n'ai plus aucune roue à prendre dans cette partie de roulant. Alors je récupère.
Une Italienne revient derrière moi. On s'amuse un peu dans quelques virages serrés, à qui choisira la meilleure trace à prendre.
Puis nous arrivons à une partie très cassante avec quelques portages. Thierry m'attend là et m'annonce 26ème. On commence à rattraper les derniers tandems. Ca monte longtemps. Toutes les filles que j'ai pu doubler dans les descentes précédemment, reviennent sur moi et me double. Je les compte, et je me retrouve, à un moment, en 30ème position. Et ça monte tellement que je vais regretter, à deux fois, mon petit plateau en 26 dents, qui me fera monter à pieds.
Je passe devant le deuxième ravitaillement, Thierry est là pour m'encourager. C'est de la descente. La voie est libre. Il n'y a que deux filles qui descendent à pieds, que je double en slalomant. Nous arrivons au col du Bougnon. Il y a beaucoup de monde. Thierry me suit en vélo pour me soutenir tout le long. Les 26 dents me fait mal aux jambes, mais je tiens jusqu'en haut. Sur le plat, je mets la plaque, et m'alimente.
Le parcours entre dans un monotrace. Il y a une marche à monter. Devant moi, les filles montent à pieds. Je parviens à rester sur le vélo. Ca monte maintenant beaucoup avec quelques portages. Je retrouve ici les filles que j'avais passées dans les descentes et qui m'ont repassée dans les montées. Le sentier est étroit, je me fais bouchonner encore dans les descentes. J'arrive à passer une fille. J'arrive ensuite dans la roue de l'Italienne. Elle me laisse passer spontanément dans une descente. Trop gentille ! Dans une montée, elle revient sur moi et me double, me relaisse passer dans une autre descente, et ainsi de suite. On fait un bout de chemin ainsi ensemble, jusqu'au moment où, dans la dernière descente, je pars devant. J'arrive maintenant au bord de la mer. Thierry me rejoint. Il me dit que l'Italienne n'est plus là. Pourtant, à la sortie du premier passage dans le sable, la voilà qui réapparait derrière moi. Dans la ville, c'est course poursuite. Je tente de prendre sa roue, mais elle va plus vite que moi. Nous arrivons sur le chemin des Douaniers au bord de la mer. Alors qu'elle va descendre du vélo sur certains passages, je passe pratiquement tout à vélo et tire mon épingle du jeu. Me revoilà devant elle, pour le deuxième passage sur la plage. Je cours près de mon vélo, mais elle doit courir plus vite que moi car elle me rattrape. Nous nous engageons sur la piste cyclable qui va nous mener jusqu'à l'arriver. Elle me double, et je ne parviendrai pas à prendre sa roue. Dommage pour moi ! Elle s'en va devant et je ne l'a reverrai plus...
J'arrive au finish avec plus d'une minute de retard sur elle (Sofia Pezzatti). Je termine 28ème au scratch (à 24 minutes de la première), et 9ème Française. Même si le classement est moins bon que ce que j'espérais, j'ai fait une très bonne course.
Distance : 44 km
Temps : 2h26'40
Vitesse moyenne : 17,2 km/h
Classement scratch dame : 28ème
Télécharger les résultats (.pdf)Sur la photo : ça monte !
Plus de photos...http://www.rocazur.com/